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Les perles habillent les femmes by Axelle Loichot – Le sens du détail

Chic, élégante, intemporelle

la perle naturelle ou de culture accompagne l’automne sur des tenues sobres. Colliers à rangs multiples, bracelet choker délicat ou boucles d’oreilles gouttes – tour d’horizon de ce joyau de la nature qui traverse les époques et les styles : d’où viennent les perles et comment les porter ?

1 – les amoureuses célèbres des perles

A l’évocation des perles au cou des femmes, l’image qui vient à l’esprit est celle de l’élégante Coco Chanel et son légendaire sautoir de perles naturelles. A moins que ce ne soit celle de Jackie Kennedy et ses colliers de perles à rangs multiples. Ou celle, mutine et iconique, des perles dans le dos d’Audrey Hepburn qui pose devant la vitrine new-yorkaise du joailler Tiffany ?
De tous temps, les perles naturelles ont habillé avec une parfaite élégance les femmes d’un luxe discret. Déjà les récits anciens relatent avec quelle allure la reine Cléopâtre gagne un pari contre Antoine en dégustant une des perles qu’elle portait à l’oreille, dissoute dans du vinaigre. Plus tard, dans un chic qui confine à l’excès, la Reine Elizabeth I adopte les us de son époque, où, de retour des Amériques, les perles coulent à flot. La reine Marie I, demi-sœur d’Elizabeth I, avait quant à elle porté la perle Pérégrine que l’on retrouvera, quelques siècles plus tard, au cou d’Elizabeth Taylor.
Parce qu’elles évoquent un chic discret, les perles naturelles ou de culture avaient les faveurs de Coco Chanel. Elle les portait, éclatantes et d’une rondeur presque enfantine sur une robe noire ou un tailleur sobre. Curieusement, pas de perles dans sa seule collection « Bijoux de Diamants » en 1932, Mademoiselle les gardait pour son plaisir personnel.

2 – Anatomie d’une perle

Il existe 4 familles principales d’huîtres perlières associées à leur provenance géographique :
Pinctada Radiata, la perle du golfe persique, berceau historique pour l’Europe
Pinctada Fucata Martensi, la perle de mer Akoya (Japon et mer de Chine)
Pinctada Margaratifera, à lèvres noires, la perle de Tahiti (Polynésie)
Pinctada Maxima, les plus grandes, les perles d’Australie (Philippines, Australie, Birmanie, Indonésie)
Trois Japonais contribuèrent à la naissance de la filière perle de culture en 1893: Mise, Nishikawa et Mikimoto mettent au point une technique d’insertion par l’homme d’un corps étranger dans le tissu de l’huître perlière, générant ainsi artificiellement la sécrétion de nacre. La production se professionnalise par le biais de fermes perlières, et c’est tout un secteur économique qui voit le jour.
Côté producteurs, la qualité des perles de culture se perfectionne par la main de l’homme. Côté clients, c’est en occident que l’on est friand de perles de culture. Elles arrivent désormais en nombre sur le marché européen et américain, et la filière s’organise autour de maisons spécialisées, comme l’historique Worms Paris. Les organismes professionnels, garants de la qualité des produits, voient le jour : Laboratoire Français de Gemmologie, GIA, CIBJO.
Les critères de qualité mesurés sur la perle sont le lustre (brillance), la surface, la forme (rondes, goutte, baroque, etc.), la taille (en mm) et l’épaisseur de la nacre (plus la nacre est épaisse, plus belle est la perle) font partie des caractéristiques mesurées pour déterminer la valeur d’une perle. L’orient, « cœur » spécifique à la perle naturelle, définit également sa finesse.
On ajoutera à ces critères techniques les mille teintes délicates dont nous régalent les perles naturelles ou de culture : roses, blanches, vertes, crème, noir ou or, permettant toutes les fantaisies.
Olivier Lanciau, expert en bijou chez Sedgwick, souligne : « les perles sont les seuls ornements utilisés en bijouterie sans intervention de l’homme après leur récolte : à l’inverse des pierres et gemmes, elles ne nécessitent aucune taille, polissage ou traitement, et leur récolte est majoritairement respectueuse de l’environnement ». Sans extraction minière ou destructive, les perles sont utilisées de façon naturelle, brute, valorisant leur côté éthique et justifiant probablement leur ancienneté dans les parures tout au long de l’histoire.

3 – les perles aujourd’hui

Vitrines de perles en bijouterie joaillerie
Les professionnels peuvent compter sur le côté intemporel des perles, témoins vivaces des valeurs de transmission de nos sociétés, mais elles savent jouer sur tous les tableaux grâce à leur côté unique et au talent des jeunes designers. Le trait d’union entre tradition familiale et bijou contemporain se matérialise également par l’aspect éthique des perles, un argument qui touchera les générations soucieuses du respect de l’environnement.
Si la transmission d’un collier de perles peut sembler être un héritage encombrant, ce dernier peut se voir transformer sous les mains expertes du créateur, qui saura faire ressortir leur qualité dans un nouveau bijou. Que ce soit broche, bracelet ou boucles d’oreilles, le recyclage du collier de perles de culture hérité de Grand-Mère est une option parfaite pour offrir une deuxième jeunesse à ce bijou de famille.
Teragi Rambaud, expert en perles pour Rambaud SA et Worms Paris et fondateur de L’ADN du Luxe, analyse en ce sens : « La perle a de nombreux challenges à relever afin de réussir sa révolution digitale. Tout d’abord, casser son image classique et bourgeoise : le collier de perles de grand-mère est très affectif et symbolique, mais reste au fond d’un tiroir. D’autre part, tout comme le mode de vie a changé et les dress codes également, le style de création doit également se renouveler afin d’être plus urbain. Les femmes vont désormais au travail en jeans et en sneakers dans un style très casual, loin du tailleur des années 80 et escarpins. »
Comment porter ses perles
Icônes du chic intemporel, les perles réveillent toutes les tenues sobres avec élégance. Elles ont une allure folle avec une petite robe noire ou un haut près du corps, « à la Audrey », mais savent parfaitement jouer avec les codes décalé ou vintage.
Décomplexée, on peut avec malice réveiller les perles de Grand-Maman, en les portant avec un jean et un tee-shirt. Elles s’accommodent à merveille d’un look rock glam en étant portées à même la peau (leur meilleure alliée) et une chemise ouverte sous un blouson en cuir.
Enfin, cet article a mis à l’honneur les perles et les femmes, mais la créativité des designers transcende les codes traditionnels : « L’ouverture du marché des perles à l’univers masculin est une réelle opportunité pour casser les codes » prône Teragi Rambaud. La collaboration entre la marque parisienne Comme des garçons et Mikimoto en est une très belle illustration, car en gommant la frontière entre le masculin et le féminin, la perle est libérée de son carcan habituel.
Chez Chanel, Dior ou Gucci, les perles sont montées sur monogramme ou en sautoir. Ce sont les interprétations les plus iconiques et traditionnelles des perles. Chez Worms Paris et Takasi, on met à l’honneur les perles de façon épurée et contemporaine – et les designers Claverin, Esther Faris, Anissa Kermiche, Nathalie Vaucher Tempier ou Aligheri jouent également une partition raffinée et moderne de la perle.
Mademoiselle Chanel sourirait sans doute de voir aujourd’hui son jardin secret partagé par tant de femmes à l’élégance parfaite.
Et vous, plutôt diamant ou perles ? 
Voulez-vous en savoir plus sur ces joyaux ? 
 
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Photo crédit :
JFVateambaud : https://www.linkedin.com/in/vatea-rambaud

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