Focus

Diagnostic de la branche sectorielle perlière française

Diagnostic branche sectorielle perlière française - L'ADN du Luxe ® -

Un constat

En 1920 : Paris était la plaque tournante du négoce des perles avec plus de 200 marchands de perles fines installés dans la capitale. Pour les personnes qui sont passionnées par cette époque, je vous recommande de lire le merveilleux ouvrage édité par l’École des Arts Joailliers de Van Cleef & Arpels et écrit par Léonard Pouy, Docteur en histoire de l’art, avec la contribution d’Olivier Ségura, Directeur scientifique de l’École des Arts Joailliers. Ils mentionnent à plusieurs reprise la maison Worms Paris. Je tiens à les en remercier.

En 1989 : lorsque je suis rentré dans le métier, il ne restait plus que 30 négociants de perles de culture.

En 2020 : il en reste moins de 10.

Les causes

Elles sont nombreuses. Nous pouvons citer :

  • L’image très « classique » du bijou perle. Il ne faut pas oublier que les perles étaient auparavant réservées aux têtes couronnées et aux élites. Il a fallu attendre l’arrivée de la perle de culture, à partir de 1930, pour que la perle se démocratise.
  • Jusqu’à présent, le segment de clientèle n’était que féminin, donc trop étroit. Pendant de nombreuses années, il s’agissait du cadeau que l’on offrait aux jeunes filles pour leur majorité ou bien du collier reçu en héritage d’une grand-mère.
  • Nous pouvons également regretter, depuis la crise du 11 septembre 2001 et la chute des cours qu’elle a entrainé, la fin des campagnes de promotion internationales.
  • En 1990, j’avais rencontré Édith Cresson, alors Ministre des Affaires Étrangères. Je l’avais persuadé de la nécessité d’organiser la promotion de la Perle de Tahiti et de la création de son AOC. C’est ainsi que le “GIE Perles de Tahiti” a été créé. Son directeur Martin Coéroli, a mis en place un réseau international de responsables des Relations Publiques ainsi que des partenariats avec des marchands influents dans chaque pays.  Ainsi, j’ai eu l’occasion de participer aux grands salons internationaux aux côtés du “GIE Perles de Tahiti” en tant que partenaire pour le marché français.  C’était l’âge d’or de la perle de culture de Tahiti.
  • La disparition de ce GIE et le manque de structure de conseil pour accompagner les Jeunes Pousses et les PME de la branche, est un élément qui nuit au dynamisme et à l’aura de cette filière. Ce type d’organisation existe dans d’autres branches sectorielles.
  • Le dernier élément, qui n’est que la conséquence des points précédents, est le manque de potentiel économique. Les investisseurs et les fonds d’investissements, sont plus intéressés par le digital et le numérique car, à leurs yeux, il y a plus de potentiel de développement.

De nouvelles opportunités

A l’heure actuelle, l’ère du digital à profondément bouleversé les marchés et leurs structures :

  • Le consommateur cherche du sens : il devient « conso-acteur ».
  • L’acte d’achat devient une façon de s’affirmer, de s’identifier et de se reconnaître.
  • De nouvelles préoccupations apparaissent, d’ordre moral, éthiques, écologiques.

De même, dans l’univers du Luxe, il existe des « cycles de marché longs ». Le marché de l’horlogerie est en pleine phase de déclin. Le Swatch Group est en restructuration. Les milléniums n’ont plus besoin d’une montre pour avoir l’heure.   Le marché de la maroquinerie rentre en phase de maturité. Où sont les nouveaux territoires, qui pourraient constituer des relais de croissance ?

En 1920, l’arrivée de la perle de culture, a clôturé l’ère de la Perle fine. C’est ainsi que le Laboratoire Français de Gemmologie a été créé afin d’enrayer la crise et permettre aux consommateurs de distinguer les perles fines des perles de culture. Mais le mal était fait.

En 2020, l’arrivée du diamant de laboratoire ouvre de nombreuses interrogations quant à l’évolution de ce marché. Or Diamants et Perles ont le même ADN, ils sont des symboles du Luxe. Ce qui nuit à l’un, renforce l’autre…

Des perspectives considérables

La perle a une place nouvelle à prendre dans le marché à travers toute la palette de métiers qu’elle offre : Les fermes perlières, la création, les fonctions achat, tri, enfilage, contrôle qualité, la distribution…

Ceci est possible :

  • Soit en intégrant une structure déjà existante
  • Soit en vous permettant de créer votre propre entreprise ou votre marque de créateur.

La première pierre à l’édifice pour cette redynamisation sectorielle, est la transmission :

  • De la passion des perles aux élèves des écoles
  • Du savoir-faire perlier aux professionnels

J’ai décidé de consacrer une partie de mon activité à cette mission. Ceci était difficile voire impossible à réaliser lorsque je dirigeai ma maison. Mais maintenant que je suis libéré de cette charge et je vais pouvoir m’y employer.

C’est la raison pour laquelle j’ai contacté l’ensemble de mes anciens confrères marchands de perles ainsi que Madame Bernadette Pinet, présidente de l’UFBJOP afin de pouvoir réfléchir à ce projet.

 

Notre offre de services

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *